Archive | janvier 2012

Paradoxo

hippodrome de rio


Rio finalement, c’est surtout une ville de riches, ou une ville de miséreux ?
C’est  davantage une ville d’accros à la chirurgie, totalement refaits, ou c’est avant une ville de hippies qui vivent en communion avec la nature ?
Rappelons tout de même que la ville dénombre 600 favelas, mais qu’il a été jugé plus important de claquer dans les JO et la coupe du monde…  Bon ce que je dis là est un peu (beaucoup) réducteur, mais tout ça pour vous démontrez que rio est certainement une des villes où j’ai rencontré le plus de « paradoxes ».

Ce que je trouve étrange en fait, c’est leur rapport au « plus » et au « moins ». Je m’explique.
Les brésiliens sont obsédés par le sport: sur toutes les plages on trouve de véritables instruments de torture (mon opinion) pour faire des tractions et des abdos. On trouve également en ville des endroits aménagés spécialement pour s’entrainer et bouger ses fesses. A côté de ça, les cariocas continuent de manger très gras, très frit, et très sucré..

zone d’exercice en plein centre ville

De même vous trouverez ici absolument TOUT en version « ZERO », le diabète et l’obésité font rage certes, mais c’est quand même très étrange: gâteaux « zero », tous les sodas sont en version zero, chocolat « zero », même au resto vous trouverez la version « diet » de certains plats.
Par ailleurs, tous les produits à base de fibres et les compléments alimentaires pro-digestifs cartonnent. Vous savez, tous ces trucs qui nous font mieux digérer et donc éliminer plus facilement. Or si ils mangeaient tout simplement moins fat, toute cette nourriture serait plus facile à digérer… Non ?!
A contrario, les produits que j’appellerai « à bonus » ont également leur succès: « coca light plus » (enrichi en vitamines), la crème solaire qui hydrate et rafraîchit la peau, la crème anti-moustique qui nourrit et parfume délicatement la peau… Il est intéressant de noter que les études marketing sont VITALES pour les produits solaires, car les brésiliens N’UTILISENT JAMAIS de protection solaire et utilisent bien souvent le quota de soleil de leur vie avant d’avoir 50 ans..

Bref il y a beaucoup d’incohérences, d’excès dans les deux sens. Le marketing est roi et l’innovation produit à son apogée. Malgré tout,  les brésiliens n’ont toujours pas de Picard (ou de légumes surgelés), de décathlon (et Quechua),  et un choix ridicule de yaourt. (là c’est la française qui parle..)
NB: bon à savoir, si vous demandez un « suco natural » (jus de fruit naturel), vous n’obtiendrez pas forcément un jus de fruit naturel au sens où nous français, l’entendons, c’est à dire 100% pur jus voire fraichement pressé. Non, un « suco natural » peut très bien être du nectar ou du concentré dilué, simplement, il vous sera servi sans sucre et sans glaçons (la coutume étant de toujours sucrer les jus, et rien ne se boit sans glaçons ici, à part peut-être le vin, … quoique)

TO DO / TO KNOW:

Parlons tendance. Les cariocas adoooorent l’Europe. Paris est leur destination préférée, mais de manière plus générale, la culture populaire française, anglaise et allemande les passionnent.

« Bike Rio »: Depuis quelques temps, rio possède son propre service de vélo: SAMBA. Mais Là-bas, tout le monde appelle ça des « velib' ». Si si, .. c’est ce qu’on appelle le rayonnement culturel parisien..

La culture underground. Le brésil possède sa propre culture underground: le baile funk, le tropicalisme (on en parlera plus tard mais cliquez- ici). Cependant, les soirées les plus « pointues » sont actuellement celles qui diffusent du dubstep bien lourd à la londonienne, et de la minimale à la sauce berlinoise.

Les anglicismes. Il s’agirait ici plutôt de l’influence des USA, mais je me permets de glisser ici cette drôle de découverte.
Il est devenu TRES hype, d’utiliser des mots anglais à la sauce brésilienne. Bon on parle davantage ici des paulistas (habitants de São Paulo) que des cariocas (habitants de Rio), mais sait-on jamais…
Exemple, il est très chic de dire « oh meu goddie », au lieu de « ah meu deus ».
Ou encore, « Puxa, estou nem sentimental mood hoje » (prononcé « moudje ») (= »wow, je suis d’une humeur sentimentale aujourd’hui »)
Attention c’est une tendance émergente, mais si vous venez au brésil dans un ou deux ans, vous verrez, vous penserez à moi 😉

Le minimalisme nordique. Pour reprendre le thème du paradoxe, côté mode selon moi, deux tendances s’opposent ici. Le kitch joyeux à la brésilienne: cf la marque qui bosse avec des communautés de jeunes filles en difficulté: PARCERA CARIOCA (cf leurs créations ici et la robe de mes rêves ci-dessous), et le minimalisme à la suédoise: cf la marque qui monte qui monte et rend dingue les étrangers (j’en suis) : OSKLEN. Évidemment, le minimalisme est plus fashion que les froufrous..

                           

L’EXPRESSION DU JOUR

« Foi para o espaço » : c’est parti dans l’espace.
On dit cela quand quelqu’un a parlé de quelque chose, qu’un projet est apparu, puis plus rien (trés TRES fréquent au Brésil : on s’emballe pour plein de choses sur le moment – mais on ne se sent pas obligé de le faire – personne ne va s’en offusquer – pas de coercition). On traduirait peut-être par « c’est tombé à l’eau ».

Amigão

crédit photo: joão casotti de oliveira santos

constant et moi, chez João

Constant et moi à Gavea

Constant et moi à Gavea

retour de soirée dans un hangar atelier

Meuf

Lancement de la collection de Carolina Pinton à la Comuna

On pourrait voir l’homme et la femme brésiliens comme deux stéréotypes des deux sexes: une femme toute en forme, souriante, féminine et sensuelle, distinguée  et un peu princesse; et un homme velu, un peu macho,charmeur et charmant, sportif et sauvage.  Or l’extrapolation n’est pas si erronée..   Il s’avère en revanche que la nouvelle génération (la notre, les Y) va certainement finir par enfin brouiller les repères et faciliter l’anéantissement d’un partage des rôles que le monde occidental tente d’enrayer depuis des décennies..
Les femmes à la maison : check. Les domestiques c’est fait pour quoi ?
Les femmes en politique: check. Dilma, ça vous dit quelque chose ?
Les femmes et l’emploi: check. Davantage scolarisées, elles touchent désormais des professions de plus en plus prestigieuses (près de la moitié des avocats sont aujourd’hui des femmes..)
Les femmes et la justice: check. Bon certes, toujours victimes de nombreuses violences, le Brésil a néanmoins offert aux femmes des tribunaux et commissariats qui leurs sont dédiés, et ce depuis 1985.
Les femmes et le sexe: check. L’an dernier une femme malade a obtenu le droit de se masturber au travail. Même les effets du bouillonnement hormonal  ne sont plus reconnus uniquement qu’aux hommes.

Bon évidemment je ne parlerais pas de la place des femmes dans les favelas, du manque d’établissements publics d’accueil ou du fait qu’en plus d’être une femme au brésil, le pire serait également d’être black… Cela fausserait tout mon raisonnement, basé pourtant sur pas mal de vide.

Bref, les temps changent malgré tout.
Pourtant, une chose ici ne changera jamais. On appellerait ça un comportement « typiquement masculin »en France, ici, il s’agit davantage d’un comportement carioca.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list (ou plutôt « how to deal with ») sur ces attributs cariocas:
– Les cariocas ont un goût très affuté pour le « cool ».
Il m’aura fallu traverser 9000 km pour qu’on reconnaisse enfin mon sens inné du style et qu’on daigne enfin me prendre en photo pour la rubrique street style d’un magazine de mode. Mouahahah
– Les cariocas ont un sens de la vitesse.. différent.
Forcément, quand on se tape entre 1 à 2h de traffic quotidien pour aller bosser, on a un ordre de grandeur diffèrent concernant le temps qui passe.. Sachez juste que si un carioca vous dit qu’il vous rejoint dans 5 minutes, ou qu’il part tout de suite de chez lui, ..vous pouvez aller prendre un café, … en fait deux !
– Les cariocas n’aiment pas la chaleur.
Capables de supporter des degrés élevés, ils jouent pourtant un peu trop de l’air conditionné. Sachez donc que si vous prenez le bus avec un carioca, il vous faudra débourser 40 cts de plus et attendre un peu, afin de monter dans LE bus « qui a l’air conditionné ». Sachez également que si vous partagez le lit d’un carioca, ou que si vous allez à la fac à Rio, .. vous ne devrez JAMAIS oublier votre pull !
– Les cariocas ne connaissent pas la franchise.
les brésiliens, peuple du bonheur, blablabla.. Ouais, bah c’est surtout qu’ils se voilent la face. Il est ici politiquement incorrect d’avouer à un proche que cela vous saoule un peu d’aller faire ci ou ça, non, il vous faudra mentir ! Vous êtes occupé, vous avez un rdv, que sais-je, .. vous avez foot ! Par ailleurs, si vous vous étonnez que malgré toutes les invitations que vous recevez (« ouais viens bouffer la semaine prochaine ! », « grave, allons au ciné jeudi ».) vous n’avez pourtant toujours rien fait de ce qui était prévu (même après deux ans), c’est tout simplement que vous n’avez pas encore saisi le sens de la politesse carioca.

Je vous avais dit, .. chez nous, des trucs de « mâles », et pourtant..

L’EXPRESSION DU JOUR

« partir o pão ». Cette expression est absolument sans aucun intérêt, mais elle est un des nombreux faux amis qui existent entre la france et le brésil. Elle m’aura fallu un petit peu de concentration lors de mon cours matinal.
Si la traduction par l’expression, apparemment franco-française, « partir au pain » me semblait ici évidente, il n’en était rien ! « Pão » signifie bien « pain », « partir » veut bien dire « partir »… mais pas que ! « Partir » signifie également « couper, partager ». « Partir o pão » en portugais veut donc dire « couper le pain » ! La réponse attendue à la question « Como você parte o pão ? » n’était donc pas « a pé » (à pied) mais bien « com uma faca » (avec un couteau).

Vous êtes morts de rire non ?!

Atençaõ !

crédit marcelo pizzato

Non vous n’aurez pas droit aux photos de mes plaques d’allergies, non vous n’aurez pas les photos de ma petite personne, enfermée dans sa chambre depuis une petite semaine, non, parce que malgré cette merdouille, être à Rio, c’est toujours le bonheur. Le soleil, même à travers la vitre, ouvre les chacras, et les brésiliens ont toujours les mots pour vous mettre du baume au cœur.

Et puis surtout, cette petite expérience m’a permis de découvrir un peu le système médical brésilien, .. oui, .. c’est un autre monde..

TO DO / TO KNOW

Les français sont connus pour être un peu crado, ne pas prendre de douche et beaucoup se parfumer avec du YSL, chanel etc.. Mais je me dis qu’un brésilien à paris doit vraiment être flippé. Pourquoi ? Petite TO KNOW list sur l’hygiène:
1- Quand vous achetez du pain, SURTOUT, n’oubliez pas de prendre la pince pour vous servir, de mettre CHAQUE pain dans un sac en papier DIFFÉRENT.
2- Si vous faîtes un sandwich à un pote, n’oubliez pas de lui servir dans une petite serviette en papier. Même si vous avez foutu les mains dedans quelques minutes auparavant, c’est mieux si il n’y pense pas en voyant cette petite serviette qui protège son sandwich.
3- Si vous allez à la pharmacie, pas de commentaires quand la pharmacienne va vous donner soit une pochette en plastique épais, soit une boite en plastique, pour transporter votre médicament du coin où sont délivrés les médocs, au coin où se trouve la caisse. NO CONTACT !
4- Ne soyez pas surpris sur la majorité des savons liquides que vous achèterez, il y a écrit en gros « tue 99,9% des bactéries », parce qu’en plus de laver, un savon doit désinfecter, .. fou !

EXPRESSION DU JOUR

« Caro, você é realmente uma mala ». Littéralement, « Caro, t’es vraiment une valise ».
En gros, c’est ce que j’ai été pendant toute la semaine, une lourde valise pénible à transporter. En somme, .. un boulet !

Favela


Tout le monde a vu aux infos les armées de tank et de soldats envahir les favelas de rio à coup de mitraillettes. Il s’agit des missions de « pacification » des favelas, missions qui consistent à « nettoyer » les favelas des caids. Une fois envahie, la police spéciale installe une sorte de gendarmerie au sein de la favela pour y faire régner l’ordre. (Je dis gendarmerie, mais autant comparer un tipi à une maison..)
Certaines favelas seraient donc en théorie aujourd’hui, bien plus sûre que ..la plage d’Ipanema !
Hier, avec ma petite jupe et mon sac à main, un grand blond et un petit brun, j’ai pris la route de la favela d’Ipanema: Canto Galo (le coq chantant), située en plein cœur des quartiers chics (cf photo ci-dessous) et dénombrant un peu moins de 4000 habitants.

Après avoir empruntés l’ascenseur qui mène à la favela, ascenseur où était assise une jeune femme enceinte payée pour appuyer sur le bouton, et ce toute la journée, nous voilà dans la favela.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list pour les futurs visiteurs de favelas:
1- Il vaut mieux parler un petit peu portugais, ainsi vous pourrez comprendre que le papi marrant vous traite en réalité de petit pédé, et que le gamin trop mignon qui joue au foot vous propose en fait de la cocaïne (véridique !)
2- Mieux vaut ne pas être hypocondriaque ou claustrophobe: les rues sont emplies de merde, de déchets, d’insectes, et les rues sont sombres, sinueuses et étroites..
3- Les habitants des favelas sont très chaleureux et hospitaliers. Ils vous servent de guide avec le sourire, et nous avons eu droit à un petit goûter offert par un groupe d’enfants. Selon Guilherme (le petit brun), ils aimeraient avoir davantage de visiteurs et être moins considérés comme des animaux de foire. Mais difficile de s’y sentir à sa place..
4- Mieux vaut ne pas être trop timide non plus, car si la plupart de ces habitants sont charmants (ou au moins pas méchants), on a quand même l’impression d’être fluorescent tellement tant de regards vous fixent continuellement.
5- Les favelas, majoritairement situées sur des collines (morros) offrent des trésors visuels: sur la photo, un panorama exceptionnel donnant sur le lagon.
5-Bon et enfin mieux vaut ne pas être un trouillard, parce que pacifiée ou non, la première demi heure dans la favela, pardonnez moi l’expression.. on se chie dessus

L’EXPRESSION DU JOUR

« Jogar merda no ventilador » = jeter de la merde dans le ventilateur.
« Tout ce qu´il a fait, c´est jeter de la merde dans le ventilateur, en racontant ça ». S’utilise quand en voulant faire une critique au mauvais moment ou en exprimant un peu trop ce que ‘l’on pense, on a attiser le conflit. On a foutu la merde quoi .

Glocal

Ici, Constant déguste.. un Kouin Amann ! oui Messieurs Dames
« Pensez global, agir local ». Cette ligne directrice que nous insufflait la « glocalization » est obsolète. A Rio de Janeiro, comme sans doute beaucoup ailleurs, on adore les petites spécialités étrangères si particulières et bien souvent difficiles à se procurer.. alors on importe, et on produit à la chaine.
Cela vaut pour la gastronomie, .. mais aussi pour les filles..
Les filles d’Ipanema ne sont plus ce qu’elles étaient…

L’EXPRESSION DU JOUR

« Muito verme ». Tels nos « c’est une tuerie », « terrible ! », « ça déchire ».. on prend le sens opposé de ce que pourrait dire la phrase, et on traduit.
Le terme « verme » signifie bien « vermine » (ouais, le truc dégueu), pourtant ici, la vermine brésilienne désigne un truc qui »déchire sa race ».
Si vous servez un plat et que vos gamins carioca hurlent un « muito verme » de plaisir, vous avez tout bon

LE TO DO / TO KNOW

Ce qui cartonne donc à Rio, ce sont les resto (ou chaînes de restaurant) « étrangers ». Des trucs un peu rares, donc un peu chic, on très trendy. TOP LIST:
– Koni: Les sushi, sashimi, maki.. et surtout Temaki. La chaine de Temaki « Koni » ne désemplit pas. C’est frais, rapide, sain. Un trésor du coin !
– La casa de Alemão: Croquettes au fromage, saucisses teutonne, choucroute ou petits biscuits au chocolat, font que les brésiliens seront prêt à faire un détourpour aller chercher leur « german junk food ». Big success !
– Bretagne: Kouin Amann, galettes de blé noir, crêpes et cidre… Si si, le top de la hype.
– Batata Inglesa: Bon là on joue dans une autre catégorie. Une recette simple et efficace. Une dédicace à tous les amoureux de la GRANDE Bretagne avec la fameuse « baked potato »