Archive | février 2012

Por favor

J’en discutais avec Florine de l’association « Elles en corps », ici, on ne peut pas distribuer d’étiquettes.
Lorsque l’on écume une énième soirée parisienne, on aura possiblement rencontré le mec en fin d’études de droit, un peu lourd qui pense savoir tout sur tout, puis la nana plutôt jolie et subtilement hypocrite qui bosse dans la com (mieux, qui est attaché de presse) et qui porte religieusement les looks vus dans Jalouse, ou encore le mec à mèches dj à ses heures perdues, artiste dans l’âme mais surtout serveur ou vendeur de fringues… Et chaque pays a ses personnages, que l’on connait plus ou moins.
Mais à Rio, chaque personne rencontrée et tout simplement… inclassable !
On se demandait alors si ce n’était pas tout simplement le fait de vivre dans un pays à la fois si en avance sur l’art, les médias, et en même temps tellement en retard d’un point de vue social, éducation etc… Ce mélange d’un désir de changement et d’avenir, avec ce large boulet historique qui leur colle à la patte. Un mélange sui generi qui fait peut-être que les cariocas ont la liberté de véritablement se définir par eux-mêmes. Se définir sans forcément se fier à  des modèles, peut-être trop peu inspirants,  sans suivre une culture encore trop mouvante.. Je ne sais pas, il y a ici cette sensation extraordinaire que chaque personne rencontrée est vraiment unique. Et ça fait du bien.

TO DO / TO KNOW

Le carioca a de la personnalité certes, mais surtout il a de l’amour. Quand un ami vous présente un ami, il ne se contentera pas d’un « salut », mais vous flanquera une bonne embrassade corps à corps (à ce stade c’est même un calin) avec petite tapette dans le dos. (Pour visualiser, imaginez que vous n’avez pas vu votre meilleur ami depuis 3 ans, et soudain, le voilà de retour.) Le carioca est donc chaleureux. C’est peut-être pour cela qu’il y a un sens du service qui va selon moi, au delà du raisonnable..
Le point positif de ce statut, presque d’assisté, qu’ont les personnes de classes moyennes (et++) ? Cela crée des emplois, .. beaucoup d’emplois.

1- Le renouveau des hommes sandwichs
Si vous souhaitez mettre une affiche autour de routes intra-urbaines, avec votre photo pour les prochaines élections par exemple, vous devrez embaucher ce que j’appellerai le « gardien de la pancarte ». Un mec assit sur sa chaise, payé à ne rien foutre si ce n’est justement pour être assis à côté de votre pancarte: Une pancarte, un homme, c’est la loi. Et ça limite la pollution visuelle.
De même si vous souhaitez disposer des oriflammes à l’entrée de votre concession automobile par exemple, vous ne pourrez pas vous procurer ces bijoux d’innovation que sont les bannières avec socle, VOIRE, bannières avec socle bétonné ! Non ! Vous devrez payer une personne pour tenir l’oriflamme toute la journée. Un oriflamme, une personne, c’est la loi.
Où est le service ici vous me direz, pertinente remarque. Le service rendu au taux de chômage ? L’interaction possible entre un oriflamme et vous-même ?

2- La livraison à domicile
La livraison à domicile n’est pas encore, il me semble, chose TRÈS répandue en France. Probablement plus fréquente chez les parisiens. Et elle est souvent payante, ou gratuite après qu’un certain montant soit atteint.
Au brésil, il est très facile de se faire livrer ses courses, et c’est gratuit, ce à n’importe qu’elle heure du jour, .. ou de la nuit (21H). Et le tout livré dans un joli petit caddie s’il vous plait !
La livraison des courses est ici bien acquise, tout bêtement parce qu’à Rio, quasiment TOUT est livrable à domicile. Chaque boutique lors de votre achat, vous fournira un magnifique aimant à coller sur votre frigo, avec le numéro du service de livraison. Cela veut dire que si j’ai soudainement un mal de crâne à 22H et rien à la maison, le gentil employé de la pharmacie du coin viendra me livrer mon paracétamol gratuitement. C’est pas beau ça ?

3- La collecte à domicile
Suite à mon émerveillement face à cette culture de la livraison à domicile, imaginez mon étonnement lorsque je fût témoin de ma première « collecte à domicile ». Il faudra ici d’ailleurs m’expliquer l’intérêt pour l’entreprise, mais bon.. Sachez que vous pouvez à Rio, appeler votre magasin de location de films (toujours à n’importe quel heure, avant minuit j’entends), afin qu’ils vous envoient quelqu’un pour venir récupérer le dvd que vous deviez rendre dans la journée. Waouh !

Bref, tout cela est bien beau (et je ne parle pas des domestiques, très courants ici, cous le savez surement), surtout quand on habite dans les quartiers sympas de la zone sud.. Quand on habite une favela et que l’on veut énumérer l’efficacité des services publics, .. tout de suite c’est moins drôle..

L’EXPRESSION DU JOUR

Deux expressions pour le prix d’une aujourd’hui. Deux expressions liées par le fait qu’elles pourraient être des traductions de nos expressions françaises, mais adaptées à la culture brésilienne.

« Não minha praia« , soit « ce n’est pas ma plage ».
On dirait en français, « ce n’est pas mon truc » ou « ce n’est pas tasse de thé ». Si en France les différences d’opinions se reflètent à travers les « goûts et les couleurs », au brésil, elles s’expriment davantage dans les choix de plage. Ahah

(Le petit truc marrant c’est que n’importe quel gringo ne verrait pas la différence entre Ipanema, Copacabana ou encore Leblon. « Bah oui, ce  ne sont que différentes parties de la même côte ». Or aller à Leblon c’est un peu  comme aller au vip room, mais aller à São Conrado c’est comme aller au Baron. Aller à copa c’est aller au troquet du coin, tandis que Ipanema, ce serait plutôt le social club. )

Seconde expression: « Arroz de festa ». Le « riz de la fête » est ici utilisé pour désigné le « gratin ». Toute la haute qui se dandine aux soirées vip et fait les pages de Quem (« qui », le Voici national).


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O silêncio luminoso

« Mais on va où ? »
« Viens, c’est une surprise »

Alors que j’étais en train de poser milles et une questions « on est où là ? », « c’est de la samba ? », « on va retrouver des potes ? »…
Mon bla bla s’est soudainement arrêté quand mes yeux ont croisé l’oeuvre de Giancarlo Neri. Puis un large sourire s’est doucement, doucement dessiné sur mes lèvres.
Máximo Silêncio em Paris
, une installation… magique !

Cette installation de 9000 boules lumineuses et multicolores a été crée à l’occasion de la nuit blanche romaine, puis fut exportée à la nuit blanche madrilène. Cette année, elle envahit le parc de la place Paris à Rio de Janeiro.
Une œuvre qui, à l’image de Rio, vous remplit de bonheur… sans rien faire de particulier.
Il suffit de s’asseoir, des heures pourquoi pas, et d’admirer. Le bonheur béat des cariocas, il vient de là. Savoir apprécier la beauté de tout ce qui nous entoure, et ils sont plutôt bien servis.

C’est en tant qu’handicapée temporaire que je réalise cela, c’est peut être le meilleur endroit pour être malade, si l’on ne peut pas trop bouger, il suffit d’installer ses fesses dehors et de regarder.. Je vous garantie un quota de plaisir et de paix intérieure supérieure à 80% des français.
Bonne dégustation:

Après avoir parlé d’un artiste italien qui exporte à Rio, je profite de la thématique pour encenser un artiste brésilien qui exporte à New York, le cher et tendre Rodrigo Martins. (website ici)
Une série de peintures qui vous place dans la situation désagréable de devoir choisir entre une interprétation positive ou terrifiante.
En gros, selon ce que vous voyez dans ces peintures, vous pourrez vous définir comme un candide personnage de walt disney ou comme un pervers héros de kubrick…
« Oh regarde,  c’est un ours qui fait un calin au bohnomme »
« euh, non, je ne crois pas non, c’est plutôt un ours qui dévore un mec »
« Mais non »
« Mais si »
« Mais non »
« Si »

Amoureuse de la première heure, depuis son carnet de bord qu’il transporte partout à ses toiles effroyablement magnifiques, je vous laisse découvrir son interview ici.

Maneiras

Il fait chaud, et je découvre ce que j’appellerai le concept de « transpi flash ».
Vous sortez faire une course entre midi et deux, le temps de faire 6 pas (j’ai compté) et votre corps propre et frais devient moite et poisseux.
Cette réaction du corps humain à la chaleur, en si peu de temps, … Une découverte incroyable.

Dans ces conditions, mieux vaut réserver toute activité sociale pour… la nuit.

TO DO / TO KNOW – au resto à plusieurs

Loin de vous offrir ici un guide de la bienséance et de la bonne compagnie carioca, je vais au contraire vous délivrer quelques informations sur les habitudes sociales brésiliennes lors d’un repas. Ceci afin d’épargner votre bonne éducation française une fois sur place.

1- Plus vite vous vous servez, davantage de nourriture vous aurez.
Les cariocas n’ont pas toujours le reflexe, parfois absurde je l’avoue, de toujours laisser le dernier morceau d’apéro pour « celui qui le voudrait ». Ici, on veut, on prend, et on ne pose pas la fameuse question « qui veut du .. ? »
Même si vous avez commandé 10 brochettes par exemple, et que vous êtes 5, les cariocas ne vont pas d’instinct distribuer, ou du moins attribuer, 2 brochettes à chacun, non. Et si un de vos acolytes en prend 3, que vous n’avez pas été assez rapide et que vous n’en avez eu qu’une seule, … et bien mangez donc votre brochette et taisez-vous.

2-Plus cher tu commanderas, moins cher tu paieras.
Vous êtes tous au restaurant, partagez certains plats, quelques entrées, d’autres 3 boissons, dessert, café. L’heure de la note a sonné, ceux qui ont davantage dévoré n’auront pas le réflexe du fameux « chacun paie sa part », ou au moins le réflexe de proposer cette option. Non, ici il est sous entendu que ce « fifty fifty », … sachez le avant de commander 😉

EXPRESSION DU JOUR

« Pagar um mico », littéralement « payer un singe ».Expression utilisée pour désigner une situation honteuse..
« Pora, quando eu chegei em casa eu pagei um mico », soit « putain, quand je suis rentrée à la maison, je me suis tapé la honte ».

Il est bon ici de préciser (pardon maman) que le « porra » brésilien, équivaut à notre « putain » français pour son utilisation, mais au lieu de désigner une péripatéticienne, il désigne ici le… sperme ! Glam’

Bundas

Un petit post rapide.
Rappelez-vous votre dernier concert, rappelez-vous le public. Droit ? presque statique ? Ou au mieux oscillant de gauche à droite en tapant du pied ? Au pire bougeant la tête de haut en bas, bien souvent en fermant les yeux ? Bien souvent encore, les mains dans les poches. Bah oui, on ne sait jamais où les mettre ces foutues mains.
Vous confirmez ? C’était donc un concert qui avait lieu.. en France. Vous confirmez toujours ? Un concert que vous aviez probablement payé afin de passer une bonne soirée et écouter de la bonne musique.

Bon maintenant imaginez un concert à.. Vélizy 2 par exemple, ou à Usine Center. Les gens vont-ils danser ?
Mais encore moins jeunes gens !! D’ailleurs vous vous reconnaitrez surement en lisant cet article de stuffwhitepeoplelike: http://stuffwhitepeoplelike.com/2008/02/17/68-standing-still-at-concerts/

Bref tout ça pour vous dire que je me suis rendue dans un centre commercial pour un concert de Farofa Carioca, et j’y ai vu ça. Encore une fois, cela se passe de commentaires.

Pour l’anecdote, il est très dur de se mettre à danser quand tout le monde autour maîtrise le rythme et leur corps comme Beyoncé. Un journaliste m’a d’ailleurs interviewé parce que « obviously » je n’étais pas du pays…
Salaud.