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Maneiras

Il fait chaud, et je découvre ce que j’appellerai le concept de « transpi flash ».
Vous sortez faire une course entre midi et deux, le temps de faire 6 pas (j’ai compté) et votre corps propre et frais devient moite et poisseux.
Cette réaction du corps humain à la chaleur, en si peu de temps, … Une découverte incroyable.

Dans ces conditions, mieux vaut réserver toute activité sociale pour… la nuit.

TO DO / TO KNOW – au resto à plusieurs

Loin de vous offrir ici un guide de la bienséance et de la bonne compagnie carioca, je vais au contraire vous délivrer quelques informations sur les habitudes sociales brésiliennes lors d’un repas. Ceci afin d’épargner votre bonne éducation française une fois sur place.

1- Plus vite vous vous servez, davantage de nourriture vous aurez.
Les cariocas n’ont pas toujours le reflexe, parfois absurde je l’avoue, de toujours laisser le dernier morceau d’apéro pour « celui qui le voudrait ». Ici, on veut, on prend, et on ne pose pas la fameuse question « qui veut du .. ? »
Même si vous avez commandé 10 brochettes par exemple, et que vous êtes 5, les cariocas ne vont pas d’instinct distribuer, ou du moins attribuer, 2 brochettes à chacun, non. Et si un de vos acolytes en prend 3, que vous n’avez pas été assez rapide et que vous n’en avez eu qu’une seule, … et bien mangez donc votre brochette et taisez-vous.

2-Plus cher tu commanderas, moins cher tu paieras.
Vous êtes tous au restaurant, partagez certains plats, quelques entrées, d’autres 3 boissons, dessert, café. L’heure de la note a sonné, ceux qui ont davantage dévoré n’auront pas le réflexe du fameux « chacun paie sa part », ou au moins le réflexe de proposer cette option. Non, ici il est sous entendu que ce « fifty fifty », … sachez le avant de commander 😉

EXPRESSION DU JOUR

« Pagar um mico », littéralement « payer un singe ».Expression utilisée pour désigner une situation honteuse..
« Pora, quando eu chegei em casa eu pagei um mico », soit « putain, quand je suis rentrée à la maison, je me suis tapé la honte ».

Il est bon ici de préciser (pardon maman) que le « porra » brésilien, équivaut à notre « putain » français pour son utilisation, mais au lieu de désigner une péripatéticienne, il désigne ici le… sperme ! Glam’

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Bundas

Un petit post rapide.
Rappelez-vous votre dernier concert, rappelez-vous le public. Droit ? presque statique ? Ou au mieux oscillant de gauche à droite en tapant du pied ? Au pire bougeant la tête de haut en bas, bien souvent en fermant les yeux ? Bien souvent encore, les mains dans les poches. Bah oui, on ne sait jamais où les mettre ces foutues mains.
Vous confirmez ? C’était donc un concert qui avait lieu.. en France. Vous confirmez toujours ? Un concert que vous aviez probablement payé afin de passer une bonne soirée et écouter de la bonne musique.

Bon maintenant imaginez un concert à.. Vélizy 2 par exemple, ou à Usine Center. Les gens vont-ils danser ?
Mais encore moins jeunes gens !! D’ailleurs vous vous reconnaitrez surement en lisant cet article de stuffwhitepeoplelike: http://stuffwhitepeoplelike.com/2008/02/17/68-standing-still-at-concerts/

Bref tout ça pour vous dire que je me suis rendue dans un centre commercial pour un concert de Farofa Carioca, et j’y ai vu ça. Encore une fois, cela se passe de commentaires.

Pour l’anecdote, il est très dur de se mettre à danser quand tout le monde autour maîtrise le rythme et leur corps comme Beyoncé. Un journaliste m’a d’ailleurs interviewé parce que « obviously » je n’étais pas du pays…
Salaud.

Amigão

crédit photo: joão casotti de oliveira santos

constant et moi, chez João

Constant et moi à Gavea

Constant et moi à Gavea

retour de soirée dans un hangar atelier

Meuf

Lancement de la collection de Carolina Pinton à la Comuna

On pourrait voir l’homme et la femme brésiliens comme deux stéréotypes des deux sexes: une femme toute en forme, souriante, féminine et sensuelle, distinguée  et un peu princesse; et un homme velu, un peu macho,charmeur et charmant, sportif et sauvage.  Or l’extrapolation n’est pas si erronée..   Il s’avère en revanche que la nouvelle génération (la notre, les Y) va certainement finir par enfin brouiller les repères et faciliter l’anéantissement d’un partage des rôles que le monde occidental tente d’enrayer depuis des décennies..
Les femmes à la maison : check. Les domestiques c’est fait pour quoi ?
Les femmes en politique: check. Dilma, ça vous dit quelque chose ?
Les femmes et l’emploi: check. Davantage scolarisées, elles touchent désormais des professions de plus en plus prestigieuses (près de la moitié des avocats sont aujourd’hui des femmes..)
Les femmes et la justice: check. Bon certes, toujours victimes de nombreuses violences, le Brésil a néanmoins offert aux femmes des tribunaux et commissariats qui leurs sont dédiés, et ce depuis 1985.
Les femmes et le sexe: check. L’an dernier une femme malade a obtenu le droit de se masturber au travail. Même les effets du bouillonnement hormonal  ne sont plus reconnus uniquement qu’aux hommes.

Bon évidemment je ne parlerais pas de la place des femmes dans les favelas, du manque d’établissements publics d’accueil ou du fait qu’en plus d’être une femme au brésil, le pire serait également d’être black… Cela fausserait tout mon raisonnement, basé pourtant sur pas mal de vide.

Bref, les temps changent malgré tout.
Pourtant, une chose ici ne changera jamais. On appellerait ça un comportement « typiquement masculin »en France, ici, il s’agit davantage d’un comportement carioca.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list (ou plutôt « how to deal with ») sur ces attributs cariocas:
– Les cariocas ont un goût très affuté pour le « cool ».
Il m’aura fallu traverser 9000 km pour qu’on reconnaisse enfin mon sens inné du style et qu’on daigne enfin me prendre en photo pour la rubrique street style d’un magazine de mode. Mouahahah
– Les cariocas ont un sens de la vitesse.. différent.
Forcément, quand on se tape entre 1 à 2h de traffic quotidien pour aller bosser, on a un ordre de grandeur diffèrent concernant le temps qui passe.. Sachez juste que si un carioca vous dit qu’il vous rejoint dans 5 minutes, ou qu’il part tout de suite de chez lui, ..vous pouvez aller prendre un café, … en fait deux !
– Les cariocas n’aiment pas la chaleur.
Capables de supporter des degrés élevés, ils jouent pourtant un peu trop de l’air conditionné. Sachez donc que si vous prenez le bus avec un carioca, il vous faudra débourser 40 cts de plus et attendre un peu, afin de monter dans LE bus « qui a l’air conditionné ». Sachez également que si vous partagez le lit d’un carioca, ou que si vous allez à la fac à Rio, .. vous ne devrez JAMAIS oublier votre pull !
– Les cariocas ne connaissent pas la franchise.
les brésiliens, peuple du bonheur, blablabla.. Ouais, bah c’est surtout qu’ils se voilent la face. Il est ici politiquement incorrect d’avouer à un proche que cela vous saoule un peu d’aller faire ci ou ça, non, il vous faudra mentir ! Vous êtes occupé, vous avez un rdv, que sais-je, .. vous avez foot ! Par ailleurs, si vous vous étonnez que malgré toutes les invitations que vous recevez (« ouais viens bouffer la semaine prochaine ! », « grave, allons au ciné jeudi ».) vous n’avez pourtant toujours rien fait de ce qui était prévu (même après deux ans), c’est tout simplement que vous n’avez pas encore saisi le sens de la politesse carioca.

Je vous avais dit, .. chez nous, des trucs de « mâles », et pourtant..

L’EXPRESSION DU JOUR

« partir o pão ». Cette expression est absolument sans aucun intérêt, mais elle est un des nombreux faux amis qui existent entre la france et le brésil. Elle m’aura fallu un petit peu de concentration lors de mon cours matinal.
Si la traduction par l’expression, apparemment franco-française, « partir au pain » me semblait ici évidente, il n’en était rien ! « Pão » signifie bien « pain », « partir » veut bien dire « partir »… mais pas que ! « Partir » signifie également « couper, partager ». « Partir o pão » en portugais veut donc dire « couper le pain » ! La réponse attendue à la question « Como você parte o pão ? » n’était donc pas « a pé » (à pied) mais bien « com uma faca » (avec un couteau).

Vous êtes morts de rire non ?!

Atençaõ !

crédit marcelo pizzato

Non vous n’aurez pas droit aux photos de mes plaques d’allergies, non vous n’aurez pas les photos de ma petite personne, enfermée dans sa chambre depuis une petite semaine, non, parce que malgré cette merdouille, être à Rio, c’est toujours le bonheur. Le soleil, même à travers la vitre, ouvre les chacras, et les brésiliens ont toujours les mots pour vous mettre du baume au cœur.

Et puis surtout, cette petite expérience m’a permis de découvrir un peu le système médical brésilien, .. oui, .. c’est un autre monde..

TO DO / TO KNOW

Les français sont connus pour être un peu crado, ne pas prendre de douche et beaucoup se parfumer avec du YSL, chanel etc.. Mais je me dis qu’un brésilien à paris doit vraiment être flippé. Pourquoi ? Petite TO KNOW list sur l’hygiène:
1- Quand vous achetez du pain, SURTOUT, n’oubliez pas de prendre la pince pour vous servir, de mettre CHAQUE pain dans un sac en papier DIFFÉRENT.
2- Si vous faîtes un sandwich à un pote, n’oubliez pas de lui servir dans une petite serviette en papier. Même si vous avez foutu les mains dedans quelques minutes auparavant, c’est mieux si il n’y pense pas en voyant cette petite serviette qui protège son sandwich.
3- Si vous allez à la pharmacie, pas de commentaires quand la pharmacienne va vous donner soit une pochette en plastique épais, soit une boite en plastique, pour transporter votre médicament du coin où sont délivrés les médocs, au coin où se trouve la caisse. NO CONTACT !
4- Ne soyez pas surpris sur la majorité des savons liquides que vous achèterez, il y a écrit en gros « tue 99,9% des bactéries », parce qu’en plus de laver, un savon doit désinfecter, .. fou !

EXPRESSION DU JOUR

« Caro, você é realmente uma mala ». Littéralement, « Caro, t’es vraiment une valise ».
En gros, c’est ce que j’ai été pendant toute la semaine, une lourde valise pénible à transporter. En somme, .. un boulet !

Favela


Tout le monde a vu aux infos les armées de tank et de soldats envahir les favelas de rio à coup de mitraillettes. Il s’agit des missions de « pacification » des favelas, missions qui consistent à « nettoyer » les favelas des caids. Une fois envahie, la police spéciale installe une sorte de gendarmerie au sein de la favela pour y faire régner l’ordre. (Je dis gendarmerie, mais autant comparer un tipi à une maison..)
Certaines favelas seraient donc en théorie aujourd’hui, bien plus sûre que ..la plage d’Ipanema !
Hier, avec ma petite jupe et mon sac à main, un grand blond et un petit brun, j’ai pris la route de la favela d’Ipanema: Canto Galo (le coq chantant), située en plein cœur des quartiers chics (cf photo ci-dessous) et dénombrant un peu moins de 4000 habitants.

Après avoir empruntés l’ascenseur qui mène à la favela, ascenseur où était assise une jeune femme enceinte payée pour appuyer sur le bouton, et ce toute la journée, nous voilà dans la favela.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list pour les futurs visiteurs de favelas:
1- Il vaut mieux parler un petit peu portugais, ainsi vous pourrez comprendre que le papi marrant vous traite en réalité de petit pédé, et que le gamin trop mignon qui joue au foot vous propose en fait de la cocaïne (véridique !)
2- Mieux vaut ne pas être hypocondriaque ou claustrophobe: les rues sont emplies de merde, de déchets, d’insectes, et les rues sont sombres, sinueuses et étroites..
3- Les habitants des favelas sont très chaleureux et hospitaliers. Ils vous servent de guide avec le sourire, et nous avons eu droit à un petit goûter offert par un groupe d’enfants. Selon Guilherme (le petit brun), ils aimeraient avoir davantage de visiteurs et être moins considérés comme des animaux de foire. Mais difficile de s’y sentir à sa place..
4- Mieux vaut ne pas être trop timide non plus, car si la plupart de ces habitants sont charmants (ou au moins pas méchants), on a quand même l’impression d’être fluorescent tellement tant de regards vous fixent continuellement.
5- Les favelas, majoritairement situées sur des collines (morros) offrent des trésors visuels: sur la photo, un panorama exceptionnel donnant sur le lagon.
5-Bon et enfin mieux vaut ne pas être un trouillard, parce que pacifiée ou non, la première demi heure dans la favela, pardonnez moi l’expression.. on se chie dessus

L’EXPRESSION DU JOUR

« Jogar merda no ventilador » = jeter de la merde dans le ventilateur.
« Tout ce qu´il a fait, c´est jeter de la merde dans le ventilateur, en racontant ça ». S’utilise quand en voulant faire une critique au mauvais moment ou en exprimant un peu trop ce que ‘l’on pense, on a attiser le conflit. On a foutu la merde quoi .