Meuf

Lancement de la collection de Carolina Pinton à la Comuna

On pourrait voir l’homme et la femme brésiliens comme deux stéréotypes des deux sexes: une femme toute en forme, souriante, féminine et sensuelle, distinguée  et un peu princesse; et un homme velu, un peu macho,charmeur et charmant, sportif et sauvage.  Or l’extrapolation n’est pas si erronée..   Il s’avère en revanche que la nouvelle génération (la notre, les Y) va certainement finir par enfin brouiller les repères et faciliter l’anéantissement d’un partage des rôles que le monde occidental tente d’enrayer depuis des décennies..
Les femmes à la maison : check. Les domestiques c’est fait pour quoi ?
Les femmes en politique: check. Dilma, ça vous dit quelque chose ?
Les femmes et l’emploi: check. Davantage scolarisées, elles touchent désormais des professions de plus en plus prestigieuses (près de la moitié des avocats sont aujourd’hui des femmes..)
Les femmes et la justice: check. Bon certes, toujours victimes de nombreuses violences, le Brésil a néanmoins offert aux femmes des tribunaux et commissariats qui leurs sont dédiés, et ce depuis 1985.
Les femmes et le sexe: check. L’an dernier une femme malade a obtenu le droit de se masturber au travail. Même les effets du bouillonnement hormonal  ne sont plus reconnus uniquement qu’aux hommes.

Bon évidemment je ne parlerais pas de la place des femmes dans les favelas, du manque d’établissements publics d’accueil ou du fait qu’en plus d’être une femme au brésil, le pire serait également d’être black… Cela fausserait tout mon raisonnement, basé pourtant sur pas mal de vide.

Bref, les temps changent malgré tout.
Pourtant, une chose ici ne changera jamais. On appellerait ça un comportement « typiquement masculin »en France, ici, il s’agit davantage d’un comportement carioca.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list (ou plutôt « how to deal with ») sur ces attributs cariocas:
– Les cariocas ont un goût très affuté pour le « cool ».
Il m’aura fallu traverser 9000 km pour qu’on reconnaisse enfin mon sens inné du style et qu’on daigne enfin me prendre en photo pour la rubrique street style d’un magazine de mode. Mouahahah
– Les cariocas ont un sens de la vitesse.. différent.
Forcément, quand on se tape entre 1 à 2h de traffic quotidien pour aller bosser, on a un ordre de grandeur diffèrent concernant le temps qui passe.. Sachez juste que si un carioca vous dit qu’il vous rejoint dans 5 minutes, ou qu’il part tout de suite de chez lui, ..vous pouvez aller prendre un café, … en fait deux !
– Les cariocas n’aiment pas la chaleur.
Capables de supporter des degrés élevés, ils jouent pourtant un peu trop de l’air conditionné. Sachez donc que si vous prenez le bus avec un carioca, il vous faudra débourser 40 cts de plus et attendre un peu, afin de monter dans LE bus « qui a l’air conditionné ». Sachez également que si vous partagez le lit d’un carioca, ou que si vous allez à la fac à Rio, .. vous ne devrez JAMAIS oublier votre pull !
– Les cariocas ne connaissent pas la franchise.
les brésiliens, peuple du bonheur, blablabla.. Ouais, bah c’est surtout qu’ils se voilent la face. Il est ici politiquement incorrect d’avouer à un proche que cela vous saoule un peu d’aller faire ci ou ça, non, il vous faudra mentir ! Vous êtes occupé, vous avez un rdv, que sais-je, .. vous avez foot ! Par ailleurs, si vous vous étonnez que malgré toutes les invitations que vous recevez (« ouais viens bouffer la semaine prochaine ! », « grave, allons au ciné jeudi ».) vous n’avez pourtant toujours rien fait de ce qui était prévu (même après deux ans), c’est tout simplement que vous n’avez pas encore saisi le sens de la politesse carioca.

Je vous avais dit, .. chez nous, des trucs de « mâles », et pourtant..

L’EXPRESSION DU JOUR

« partir o pão ». Cette expression est absolument sans aucun intérêt, mais elle est un des nombreux faux amis qui existent entre la france et le brésil. Elle m’aura fallu un petit peu de concentration lors de mon cours matinal.
Si la traduction par l’expression, apparemment franco-française, « partir au pain » me semblait ici évidente, il n’en était rien ! « Pão » signifie bien « pain », « partir » veut bien dire « partir »… mais pas que ! « Partir » signifie également « couper, partager ». « Partir o pão » en portugais veut donc dire « couper le pain » ! La réponse attendue à la question « Como você parte o pão ? » n’était donc pas « a pé » (à pied) mais bien « com uma faca » (avec un couteau).

Vous êtes morts de rire non ?!

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Atençaõ !

crédit marcelo pizzato

Non vous n’aurez pas droit aux photos de mes plaques d’allergies, non vous n’aurez pas les photos de ma petite personne, enfermée dans sa chambre depuis une petite semaine, non, parce que malgré cette merdouille, être à Rio, c’est toujours le bonheur. Le soleil, même à travers la vitre, ouvre les chacras, et les brésiliens ont toujours les mots pour vous mettre du baume au cœur.

Et puis surtout, cette petite expérience m’a permis de découvrir un peu le système médical brésilien, .. oui, .. c’est un autre monde..

TO DO / TO KNOW

Les français sont connus pour être un peu crado, ne pas prendre de douche et beaucoup se parfumer avec du YSL, chanel etc.. Mais je me dis qu’un brésilien à paris doit vraiment être flippé. Pourquoi ? Petite TO KNOW list sur l’hygiène:
1- Quand vous achetez du pain, SURTOUT, n’oubliez pas de prendre la pince pour vous servir, de mettre CHAQUE pain dans un sac en papier DIFFÉRENT.
2- Si vous faîtes un sandwich à un pote, n’oubliez pas de lui servir dans une petite serviette en papier. Même si vous avez foutu les mains dedans quelques minutes auparavant, c’est mieux si il n’y pense pas en voyant cette petite serviette qui protège son sandwich.
3- Si vous allez à la pharmacie, pas de commentaires quand la pharmacienne va vous donner soit une pochette en plastique épais, soit une boite en plastique, pour transporter votre médicament du coin où sont délivrés les médocs, au coin où se trouve la caisse. NO CONTACT !
4- Ne soyez pas surpris sur la majorité des savons liquides que vous achèterez, il y a écrit en gros « tue 99,9% des bactéries », parce qu’en plus de laver, un savon doit désinfecter, .. fou !

EXPRESSION DU JOUR

« Caro, você é realmente uma mala ». Littéralement, « Caro, t’es vraiment une valise ».
En gros, c’est ce que j’ai été pendant toute la semaine, une lourde valise pénible à transporter. En somme, .. un boulet !

Favela


Tout le monde a vu aux infos les armées de tank et de soldats envahir les favelas de rio à coup de mitraillettes. Il s’agit des missions de « pacification » des favelas, missions qui consistent à « nettoyer » les favelas des caids. Une fois envahie, la police spéciale installe une sorte de gendarmerie au sein de la favela pour y faire régner l’ordre. (Je dis gendarmerie, mais autant comparer un tipi à une maison..)
Certaines favelas seraient donc en théorie aujourd’hui, bien plus sûre que ..la plage d’Ipanema !
Hier, avec ma petite jupe et mon sac à main, un grand blond et un petit brun, j’ai pris la route de la favela d’Ipanema: Canto Galo (le coq chantant), située en plein cœur des quartiers chics (cf photo ci-dessous) et dénombrant un peu moins de 4000 habitants.

Après avoir empruntés l’ascenseur qui mène à la favela, ascenseur où était assise une jeune femme enceinte payée pour appuyer sur le bouton, et ce toute la journée, nous voilà dans la favela.

TO DO / TO KNOW

Petite to know list pour les futurs visiteurs de favelas:
1- Il vaut mieux parler un petit peu portugais, ainsi vous pourrez comprendre que le papi marrant vous traite en réalité de petit pédé, et que le gamin trop mignon qui joue au foot vous propose en fait de la cocaïne (véridique !)
2- Mieux vaut ne pas être hypocondriaque ou claustrophobe: les rues sont emplies de merde, de déchets, d’insectes, et les rues sont sombres, sinueuses et étroites..
3- Les habitants des favelas sont très chaleureux et hospitaliers. Ils vous servent de guide avec le sourire, et nous avons eu droit à un petit goûter offert par un groupe d’enfants. Selon Guilherme (le petit brun), ils aimeraient avoir davantage de visiteurs et être moins considérés comme des animaux de foire. Mais difficile de s’y sentir à sa place..
4- Mieux vaut ne pas être trop timide non plus, car si la plupart de ces habitants sont charmants (ou au moins pas méchants), on a quand même l’impression d’être fluorescent tellement tant de regards vous fixent continuellement.
5- Les favelas, majoritairement situées sur des collines (morros) offrent des trésors visuels: sur la photo, un panorama exceptionnel donnant sur le lagon.
5-Bon et enfin mieux vaut ne pas être un trouillard, parce que pacifiée ou non, la première demi heure dans la favela, pardonnez moi l’expression.. on se chie dessus

L’EXPRESSION DU JOUR

« Jogar merda no ventilador » = jeter de la merde dans le ventilateur.
« Tout ce qu´il a fait, c´est jeter de la merde dans le ventilateur, en racontant ça ». S’utilise quand en voulant faire une critique au mauvais moment ou en exprimant un peu trop ce que ‘l’on pense, on a attiser le conflit. On a foutu la merde quoi .

Glocal

Ici, Constant déguste.. un Kouin Amann ! oui Messieurs Dames
« Pensez global, agir local ». Cette ligne directrice que nous insufflait la « glocalization » est obsolète. A Rio de Janeiro, comme sans doute beaucoup ailleurs, on adore les petites spécialités étrangères si particulières et bien souvent difficiles à se procurer.. alors on importe, et on produit à la chaine.
Cela vaut pour la gastronomie, .. mais aussi pour les filles..
Les filles d’Ipanema ne sont plus ce qu’elles étaient…

L’EXPRESSION DU JOUR

« Muito verme ». Tels nos « c’est une tuerie », « terrible ! », « ça déchire ».. on prend le sens opposé de ce que pourrait dire la phrase, et on traduit.
Le terme « verme » signifie bien « vermine » (ouais, le truc dégueu), pourtant ici, la vermine brésilienne désigne un truc qui »déchire sa race ».
Si vous servez un plat et que vos gamins carioca hurlent un « muito verme » de plaisir, vous avez tout bon

LE TO DO / TO KNOW

Ce qui cartonne donc à Rio, ce sont les resto (ou chaînes de restaurant) « étrangers ». Des trucs un peu rares, donc un peu chic, on très trendy. TOP LIST:
– Koni: Les sushi, sashimi, maki.. et surtout Temaki. La chaine de Temaki « Koni » ne désemplit pas. C’est frais, rapide, sain. Un trésor du coin !
– La casa de Alemão: Croquettes au fromage, saucisses teutonne, choucroute ou petits biscuits au chocolat, font que les brésiliens seront prêt à faire un détourpour aller chercher leur « german junk food ». Big success !
– Bretagne: Kouin Amann, galettes de blé noir, crêpes et cidre… Si si, le top de la hype.
– Batata Inglesa: Bon là on joue dans une autre catégorie. Une recette simple et efficace. Une dédicace à tous les amoureux de la GRANDE Bretagne avec la fameuse « baked potato »

Chochotte

Une application soigneuse de crème solaire, cela veut sire certes, une couche épaisse que l’on renouvelle régulièrement (toutes les deux heures au moins non ?), mais encore faut-il ne pas oublier certaines zones.
Quand le port de la sandale devient torture..
Oui, une vraie chochotte ! Mais chochotte veut dire foufoune en portuguais, ..on s’y retrouve..

L’EXPRESSION DU JOUR

« A Inês é morta » signifie en français : « Ines est morte ».
Cette expression est née d’une histoire remontant au XIVème siècle : Inês de Castro (1323-1355) était la maîtresse du prince héritier Dom Pedro I. Le roi s’inquiète de l’influence qu’Inês pourrait avoir sur le prince lorsque celui-ci sera au pouvoir. Profitant d’un voyage de Dom Pedro, le roi demande à trois de ses seigneurs d’exécuter Inês. Lorsqu’il accède au trône, l’amant ivre de chagrin installe Inês, dont le corps est en décomposition, sur le trône et la couronne reine, imposant à l’ensemble de la Cour de lui baiser la main.
Cette expression est désormais employée dans le cadre d’une situation où il n’y a plus rien à faire, où c’est trop tard pour agir. On dirait en français : « c’est fini », « c’est trop tard », et de manière plus familière « c’est mort ! ».

LE TO DO / TO KNOW

Le top 3 des tendances brésiliennes:
– Le vernis coloré, et de toutes les couleurs (un des seuls trucs qui ne coûte pas cher..)
– Les chaussures en plastique. Melissa, ça ne vous dit rien ? Une marque au départ destinée aux plus pauvres, dont les produits sont à base de plastique recyclé. Désormais, une marque hautement tendance puisque de célèbres designers collaborent aux collection: dernière en date, Vivienne Westwood, excusez du peu.
http://www.melissa.com.br/pt
– Les trucs de « petit bourgeoOiise »; polo lacoste (« chemises » lacoste ;), lunettes ralph lauren, perles aux oreilles, .. et tout ce qui est hippie est banni: plugs aux oreilles, dread locks,

moi, gringo..

Voilà, me voilà sur la plage. Pour me trouver, c’est très simple, le soleil se reflète sur moi.. la meuf toute blanche avec son maillot couvre fesses, sa serviette de plage (à rio c’est pareo, pas serviette éponge..), et qui se tartine de crème solaire 55, pas d’erreur possible, c’est MOI !

L’EXPRESSION DU JOUR

« A casa da mãe Joana » signifie en français : « la maison de la mère Joana« . Au XIVème siècle, la princesse de Naples, Joana, soupçonnée d’avoir assassiné son mari dut s’exiler à Avignon. Une fois installée dans son palais, Joana fait peu à peu la pluie et le beau temps sur la ville. Tant et si bien qu’elle décida de règlementer les maisons de prostitution avignonnaises : chaque établissement devait posséder une unique porte par laquelle tout le monde pouvait entrer. C’est à partir de ce moment-là que l’expression « paço da mãe Joana » (palais de la mère Joana) est devenue synonyme de maison de prostitution. Peu à peu, son sens s’est étendu : le« paço da mãe Joana  » est devenu « casa da mãe Joana  » lorsque l’expression est arrivée au Brésil, et a servi à désigner un lieu où le désordre règne. On dirait en français : « c’est le bazar » ou de manière familière« quel bordel« .

marrant.. 😉

LA TO DO / TO KNOW

Comment attirer le chaland carioca ?
1- Mettre une clim plus fraiche que le concurrent.
2- Diffuser une odeur de propre, fraîche et sucrée, un peu savonneuse.
3- Afficher des prix défiant toute concurrence, et mettre en petit, avant l’indication du prix, « X4 ».
4- Donner un nom français à sa boutique. Cette technique autorise alors le commerçant à multiplier ses prix par deux